Aider une femme battue

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Une de vos amies ou une femme de votre entourage proche est victime de violences conjugales ? Vous êtes au courant mais ne savez trop comment lui venir en aide ? Sachez que la loi interdit toute forme de violences au sein du couple. Votre amie ou connaissance doit donc faire valoir ses droits et peut être protégée.

Voici les démarches à effectuer pour aider une femme battue.

1. Intervenez autant qu'il est possible de le faire

Si une femme battue se confie à vous ou que vous êtes témoin de violences à son encontre, il n’est pas toujours facile d'intervenir :

  • d’une part, l’auteur des violences peut se retourner contre vous ;
  • d’autre part, il peut mal réagir et se retourner contre la victime.

Bon à savoir : les victimes ou témoins d'actes de LGBTphobies (insultes, agressions, violences familiales ou discriminations envers des personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles, transgenres ou intersexuées), de sérophobie et de violences conjugales (notamment dans les couples LGBT) peuvent les signaler gratuitement et anonymement via l'application FLAG ! Il peut s'agir d'actes commis sur internet, à domicile, sur la voie publique, au travail, etc. Le signalement est daté et géolocalisé.

Mettez la personne agressée en confiance

En n’intervenant pas directement, vous ne serez pas pour autant coupable de non-assistance à personne en danger. Cependant, votre responsabilité morale peut être engagée si vous ne faites rien.

  • Avant tout, il est primordial de mettre la victime en confiance.
  • Parlez-lui, dites-lui qu’elle peut se faire aider par des associations spécialisées.
  • Proposez-lui votre témoignage.

Tournez-vous vers des spécialistes en mesure de protéger les femmes battues

Le mieux est de faire intervenir des spécialistes. Vous pouvez appeler :

  • la police ou la gendarmerie en composant le 17 ;

Important : il est important que la police et la gendarmerie soient tenues au courant pour intervenir et protéger les victimes, si nécessaire ; les femmes battues ayant souvent du mal à porter plainte, une première démarche consiste à signaler les faits au commissariat dans une main courante.

  • le 3919 « Violences conjugales info » – ce numéro anonyme et gratuit vous conseillera sur l’attitude à adopter. Il est accessible 24 h/24 et 7 j/7 ;
  • le 116 006 – ce numéro anonyme d'aide aux victimes permet de bénéficier d'une aide et d'être orienté vers différents réseaux associatifs spécialisés.

2. Aidez une femme victime de violences conjugales à avoir un soutien psychologique

La peur, un sentiment de honte et de culpabilité conduisent les femmes victimes de violences à l’isolement. Se confier à des proches, à un professionnel (un médecin, une assistante sociale, un avocat, etc.) ou à une association spécialisée leur permet de sortir de leur calvaire. Car briser le silence est la première étape qu'une femme battue doit franchir pour faire reconnaître sa situation et se faire aider.

Pour obtenir un soutien psychologique, elle peut recourir à différentes possibilités.

Un numéro dédié

Proposez-lui de téléphoner au 3919, numéro d’information anonyme et gratuit qui dirige les victimes vers des associations locales.

Si elle n’ose pas, proposez-lui d’appeler avec elle et de l’accompagner.

Un site dédié

Stop-violences-femmes.gouv.fr est un site officiel mis en place par le Gouvernement. Il recense des informations générales et donne les coordonnées d’associations spécialisées.

Bon à savoir : si une femme surfe sur ce site, elle peut en un clic effacer les traces de son passage ; son conjoint violent ne pourra donc pas savoir qu'elle l'a consulté.

En parler à un médecin

Il est également possible, pour une femme victime de violences conjugales, de s'adresser à un médecin, qui lui remettra un certificat médical faisant état des blessures.

  • Proposez à votre amie de prendre rendez-vous et de l’accompagner.
  • Rappelez-lui que le médecin est tenu au secret médical : il est là pour l’écouter et la conseiller, mais il gardera ce qu’elle lui dit pour lui.
  • Il pourra, en cas de détresse psychologique, l'orienter vers des thérapeutes spécialisés.

3. Accompagnez une femme battue dans sa recherche d'hébergement

Pour fuir les coups, une femme victime de violences peut vouloir quitter le domicile conjugal.

  • Conseillez-lui, dans ce cas, de le faire le matin plutôt que le soir, et en début de semaine plutôt que juste avant le week-end – elle évitera ainsi de se retrouver seule lorsque les services sociaux sont fermés.
  • Si ni vous ni une autre personne de proche ne pouvez l'héberger, orientez-la vers un centre d’hébergement ayant pour vocation d'accueillir les personnes en difficulté.

Remarque : ces centres d'hébergement sont, malheureusement, souvent saturés.

  • En cas d’extrême urgence, le 115 est à composer – ce numéro gratuit l’orientera vers un hébergement d’urgence.
  • Prenez contact avec les associations spécialisées, il y en a dans chaque département ; elles se chargent de trouver des hébergements dans des foyers réservés aux femmes ou dans des familles d’accueil.
    • L’association SOS Femmes recense toutes les adresses par département.
    • Téléphonez au 01 40 33 80 60, 
du lundi au vendredi de 7 h 30 à 23 h 30 et le samedi de 10 h à 20 h, 
ou consultez le site www.sosfemmes.com.

Bon à savoir : depuis une instruction du 8 mars 2017, la mobilisation des acteurs du logement social est renforcée afin de faciliter l'accès au logement social des femmes victimes de violences.

4. Aidez une femme battue à trouver des aides financières et juridiques

Pour fuir un conjoint violent, il faut pouvoir être autonome financièrement. Souvent, les femmes battues n’osent pas partir car elles sont totalement dépendantes de leur partenaire.

Il est donc important d'encourager votre amie ou connaissance dans sa recherche d'aides financières.

Bon à savoir : depuis le 1er décembre 2023, une aide universelle d'urgence peut être accordée, sous conditions de ressources, aux personnes victimes de violences conjugales. Ce dispositif a été mis en place pour leur permettre de quitter rapidement le foyer, de faire face aux premières dépenses, etc. (décret n° 2023-1088 du 24 novembre 2023).

Les aides sociales

Conseillez-lui de prendre rendez-vous avec une assistante sociale et sa caisse d’allocations familiales : elle pourra obtenir, selon sa situation, l’allocation personnalisée au logement (APL) et le RSA.

Bon à savoir : il est important de veiller à ce que la demande de versement des prestations se fasse sur un compte bancaire à son seul nom.

L'aide judiciaire

Les frais de justice ainsi que les honoraires de l'avocat peuvent être pris en charge par l’État. Pour ce faire, aidez votre amie ou connaissance à déposer une demande au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire (ex-tribunal de grande instance) de son domicile ou de son lieu d'hébergement.

Vérifiez aussi qu'elle a souscrit un contrat de protection juridique auprès de son assurance habitation ou de sa banque.

Les structures d’aides aux victimes

Dans les Centres d'informations aux droits des femmes et des familles (CIDFF), des juristes accueillent, renseignent et orientent les femmes. Les adresses par département sont disponibles sur le site www.infofemmes.com.

Il existe également des associations d'aide aux victimes présentes dans chaque département.

  • Renseignez-vous auprès de la mairie ou au 08 842 846 37.
  • Vous pouvez aussi prendre contact avec l’association Avocat Femmes et Violences (AVF), qui propose des permanences téléphoniques les lundi, mardi et jeudi de 15 h à 19 h ; composez le 0820 203 428 (numéro vert).

Certains commissariats ont des cellules de violence intrafamiliale (VIF) ou des permanences d’associations de victimes de violences.

Ces pros peuvent vous aider